Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


CHAPITRE III
TEMOIGNAGES DES MEDIUMS ET DES ESPRITS EN FAVEUR DE L�EXISTENCE DU PERISPRIT


Nous avons constat� que certains somnambules, plong�s dans le sommeil magn�tique, peuvent voir les Esprits et les d�crire fid�lement. Mais cette facult� appartient aussi � des personnes non endormies auxquelles on a donn� le nom de m�diums voyants.
Pour bien comprendre ce qui se passe alors, il ne faut pas oublier que dans la vie ordinaire ce n'est pas l��il qui voit, pas plus que ce n'est l'oreille qui entend. L��il est un instrument destin� � recevoir les images apport�es par la lumi�re, mais son r�le se borne l� ; par lui-m�me, il est incapable de nous faire distinguer les objets. La preuve en est facile � fournir. Si le nerf optique est coup� ou paralys�, le monde ext�rieur vient toujours se peindre sur la r�tine, mais le sujet ne le voit plus ; il est devenu aveugle, bien que son organe visuel soit intact. La vue est donc une facult� de l'esprit ; elle peut s'exercer sans le concours du corps, puisque les somnambules naturels ou artificiels voient � distance et les yeux ferm�s[1] . C'est lorsque ces ph�nom�nes se produisent qu'il est permis de constater l'existence d'un sens nouveau, que l'on peut d�signer sous le nom de sens spirituel.
Le somnambulisme et la m�diumnit� sont des degr�s divers de l'activit� de ces sens ; ils pr�sentent, comme on le sait, des nuances innombrables et constituent des aptitudes sp�ciales. Allan Kardec a bien mis ce fait en �vidence [2]. Il fait observer qu'en dehors de ces deux facult�s, plus remarqu�es parce qu'elles sont plus apparentes, ce serait une erreur de croire que le sens spirituel n'existe qu'� l'�tat exceptionnel. Comme les autres sens, il est plus ou moins d�velopp�, plus ou moins subtil selon les individus ; mais tout le monde le poss�de, et ce n'est pas celui qui rend le moins de services, par la nature toute sp�ciale des perceptions dont il est la source. Loin d'�tre la r�gle, son atrophie est l'exception, et peut �tre consid�r�e comme une infirmit�, de m�me que l'absence de la vue ou de l'ou�e
C'est par ce sens que nous percevons les effluves fluidiques [3] des Esprits, que nous nous inspirons � notre insu de leurs pens�es, que nous avons le pressentiment ou l'intuition des choses futures ou absentes, que s'exercent la fascination, l'action magn�tique inconsciente et involontaire, la p�n�tration de la pens�e, etc. Ces perceptions appartiennent � l'homme au m�me titre que celles de la vue, du toucher, de l'ou�e du go�t ou de l'odorat, pour sa conservation ce sont des ph�nom�nes tr�s vulgaires, qu'il remarque � peine par l'habitude qu'il a de les �prouver, et dont il ne s'est pas rendu compte jusqu'� ce jour, par suite de son ignorance des lois du principe spirituel, de la n�gation m�me, chez beaucoup de savants, de l'existence de ce principe. Mais quiconque porte son attention sur les effets que nous venons de citer, et sur beaucoup d'autres de m�me nature, reconna�tra combien ils sont fr�quents, et de plus, compl�tement ind�pendants des sensations per�ues par les organes du corps.

LA VUE SPIRITUELLE, OU DOUBLE VUE

La vue spirituelle, vulgairement appel�e double vue ou seconde vue, lucidit�, clairvoyance, ou enfin t�lesth�sie, et maintenant cryptesth�sie est un ph�nom�ne moins rare qu'on ne le croit g�n�ralement ; beaucoup de personnes ont cette facult� sans s'en douter ; seulement elle est plus ou moins d�velopp�e, et il est facile de s'assurer qu'elle est �trang�re aux organes de la vision puisqu'elle s'exerce sans le secours des yeux pendant le somnambulisme naturel ou provoqu�. Elle existe chez certaines personnes dans l'�tat normal le plus parfait, sans la moindre trace apparente de sommeil ou d'�tat extatique. � ce sujet, voici un t�moignage d'Allan Kardec [4] :
� Nous connaissons, � Paris, une dame chez laquelle la vue spirituelle est permanente, et aussi naturelle que la vue ordinaire ; elle voit, sans effort et sans concentration, le caract�re, les habitudes, les ant�c�dents de quiconque l'approche ; elle d�crit les maladies et prescrit des traitements efficaces avec plus de facilit� que beaucoup de somnambules ordinaires ; il suffit de penser � une personne absente pour qu'elle la voie et la d�signe. Nous �tions un jour chez elle, et nous v�mes passer dans la rue quelqu'un avec qui nous sommes en relation et qu'elle n'avait jamais vu. Sans y �tre provoqu�e par aucune question, elle en fit le portrait moral le plus exact et nous donna � son sujet des avis tr�s sages.
Cette dame n'est cependant pas somnambule ; elle parle de ce qu'elle voit, comme elle parlerait de toute autre chose, sans se d�ranger de ses occupations. Est-elle m�dium ? Elle n'en sait rien elle-m�me, car il y a peu de temps elle ne connaissait pas m�me le nom du spiritisme �.
Nous pouvons joindre notre t�moignage � celui du Ma�tre. Il y a une vingtaine d'ann�es, nous avons �t� en rapport avec une Mme Bardeau, qui jouissait de cette facult�. Elle a pu d�crire exactement des personnages qui demeuraient en province, fort loin dans le Midi, qu'elle n'avait jamais vus, et donner sur leur caract�re des d�tails circonstanci�s. Elle a fait certaines pr�dictions qui se sont r�alis�es. Cependant elle �tait � l'�tat ordinaire, les yeux grands ouverts, elle continuait la conversation sur d'autres sujets, s'interrompant de temps � autre pour ajouter quelques traits, qui compl�taient la physionomie ou le caract�re des personnes absentes.
Aujourd'hui nous connaissons encore une sage-femme, Mme Renardat, qui peut voir � distance, sans �tre endormie. Nous en avons eu la preuve ind�niable : car elle a d�crit avec fid�lit� un de nos oncles habitant � Gray, indiqu� sa maladie ignor�e des m�decins et pr�dit sa mort, sans l'avoir jamais connu. Cette dame voit les Esprits comme les vivants. Maintes fois, nous avons pu nous convaincre, par les affirmations de nos amis, qu'elle �tait en rapport avec des �mes qui ont quitt� la terre ; car elle en faisait des portraits ressemblants et leur langage rappelait celui qu'ils avaient pendant leur vie terrestre.
Depuis quinze ans, nous avons eu des occasions nombreuses d'�tudier la m�diumnit� voyante. Elle ne se pr�sente pas toujours avec ce caract�re de constance que nous remarquons dans les r�cits pr�c�dents : le plus souvent, elle est fugitive, momentan�e, mais telle qu'elle, elle permet de s�assurer que la croyance en 1�immortalit� n'est pas une vaine illusion de notre esprit pr�venu, mais une r�alit� grandiose, consolante et surabondamment d�montr�e. D'ailleurs nous allons citer un certain nombre d'exp�riences qui �tablissent que la vision des Esprits est objective, car elle co�ncide, en les expliquant, avec des ph�nom�nes physiques qui tombent sous les sens mat�riels et que chacun peut contr�ler.
Lorsqu'une table se meut et qu'un m�dium voyant d�crit l'Esprit qui agit ; lorsque ce m�dium annonce m�me ce qui va �tre dict� par l'interm�diaire du meuble, il est d�raisonnable d'imaginer qu'il ne voit pas r�ellement, puisque sa pr�diction se r�alise et que l'Esprit t�moigne de sa pr�sence par son action sur la mati�re.
Si l'on veut bien r�fl�chir (que, depuis cinquante ann�es les recherches spirites se poursuivent dans le monde entier ; qu'elles ont lieu dans les milieux les plus divers ; qu'elles ont �t� contr�l�es des milliers de fois par des investigateurs appartenant aux classes les plus instruites et, par cons�quent, les moins cr�dules de la soci�t�, il faudra bien admettre qu'il est absurde de supposer que ces ph�nom�nes ne sont pas produits par les Esprits. C'est donc au moyen d'incessantes communications avec le monde de l'au-del�, par des rapports ininterrompus avec les habitants de l'espace, que nous sommes arriv�s � poss�der des connaissances certaines sur les conditions de la vie d'outre-tombe.
Rappelons-nous qu'il existe plus de deux cents journaux publi�s dans toutes les langues qui se parlent sur le globe, que les travaux de chacun se poursuivent isol�ment, et que, malgr� cette diversit� prodigieuse des sources d'informations, l'enseignement g�n�ral est le m�me dans ses parties fondamentales. On conviendra qu'un pareil accord est bien propre � asseoir la conviction qui s'est produite pour chacun des exp�rimentateurs, apr�s qu'il e�t �tudi� par lui-m�me.
Exposons donc sans cesse les r�sultats acquis, ne nous lassons pas de remettre sous les yeux du public les documents que nous poss�dons et, lentement peut-�tre, mais s�rement, nous arriverons � faire p�n�trer dans les masses ces connaissances indispensables � leur progr�s et � leur bonheur.
L'enveloppe de l'�me a �t� l'objet d'�tudes pers�v�rantes de la part d'Allan Kardec. Il avoue lui-m�me n'avoir jamais eu, avant de conna�tre le spiritisme, d'id�es particuli�res sur ce sujet. Ce sont ses entretiens avec les Esprits qui lui ont fait conna�tre le corps fluidique, et permis de comprendre son r�le et son utilit�. Nous engageons ceux qui voudraient assister � la gen�se de cette d�couverte � lire la Revue Spirite de 1858 � 1869. Ils verront comment, petit � petit, cet enseignement a �t� r�uni, de mani�re � fournir une th�orie rationnelle expliquant tous les faits, avec une irr�prochable logique.
Ne pouvant nous �tendre trop longuement sur ce point, nous nous bornons � citer une �vocation qui pourra servir de mod�le � tous les investigateurs d�sireux de v�rifier par eux-m�mes ces enseignements.

�VOCATION DU DOCTEUR GLAS[5]

Les demandes sont faites par Allan Kardec, les r�ponses sont donn�es par un m�dium �crivain.
D. - Faites-vous une distinction entre votre esprit et votre p�risprit, et quelle diff�rence �tablissez-vous entre ces deux choses ?
R. - Je pense, donc je suis et j'ai une �me comme a dit un philosophe : je n'en sais pas plus que lui sur ce point. Quant au p�risprit, c'est une forme, comme vous le savez, fluidique et naturelle ; mais chercher l'�me, c'est vouloir chercher l'absolu spirituel.
D. - Croyez-vous que la facult� de penser r�side dans le p�risprit ; en un mot, que l'�me et le p�risprit soient une seule et m�me chose ?
R. - C'est absolument comme si vous me demandiez si la pens�e r�side dans notre corps; l'un se voit, l'autre se sent et se con�oit.
D. - Vous �tes ainsi non un �tre vague et ind�fini, mais un �tre limit� et circonscrit ?
R. - Limit�, Oui, mais rapide comme la pens�e.
D. - Veuillez pr�ciser la place o� vous �tes ici ?
R.- � votre gauche et � la droite du m�dium.
Nota. - M. Allan Kardec se met � la place m�me indiqu�e par l'Esprit.
D. - Avez-vous �t� oblig� de quitter votre place pour me la c�der ?
R. - Du tout ; nous passons � travers tout, comme tout passe � travers nous, c�est le corps spirituel.
D. - Je suis donc plac� dans vous ?
R. - Oui.
D. - Pourquoi donc est-ce que je ne vous sens pas ?
R. - Parce que les fluides qui composent le p�risprit sont trop �th�r�s, pas assez mat�riels pour vous ; mais par la pri�re, la volont�, la foi en un mot, les fluides peuvent devenir plus pond�rables, plus mat�riels, et affecter m�me le toucher, ce qui arrive dans les manifestations physiques.
Remarque. - Supposons un rayon lumineux p�n�trant dans un endroit obscur ; on peut le traverser, s'y plonger, sans en alt�rer la forme ni la nature ; quoique ce rayon soit une sorte de mati�re, elle est si rar�fi�e qu'elle ne fait aucun obstacle au passage de la mati�re plus compacte.
Il �tait �vident que la meilleure mani�re de savoir si les Esprits ont un corps �tait de le leur demander. Or jamais, depuis que l'on �voque, on n'a constat� que les d�sincarn�s aient fait une r�ponse n�gative. Tous affirment que leur enveloppe p�rispritale a autant de r�alit� pour eux que notre corps physique en a pour nous. C'est donc un point �tabli par le t�moignage unanime de tous ceux qui ont �t� interrog�s. Ceci explique et confirme les visions des somnambules et des m�diums. Arrivons � cet ordre de t�moignages qui font tout � fait sortir le p�risprit des conceptions purement philosophiques pour lui donner une existence positive.

UN AVARE DANS L'ESPACE

D�s l'origine des manifestations spirites, des groupes d'�tudes furent organis�s dans presque toutes les villes de France. On s'y livrait � des recherches suivies et les r�sultats obtenus �taient consign�s, le plus souvent, dans des proc�s-verbaux, dont des extraits �taient envoy�s � Presse.
Notre doctrine n'a donc point �t� imagin�e ; c'est lentement qu'elle s'est constitu�e et l��uvre de ces documents innombrables.
Voici un de ces r�cits publi� dans un journal spirite de 1864, � Bordeaux [6] :
� Tout le monde a connu � Angoul�me un homme d'une avarice sordide, malgr� sa position de fortune, que l'on savait ais�e. Cet homme, nomm� L.... log� dans le grenier de sa maison, dont le reste �tait inhabit�, n'ayant pas �t� aper�u de ses voisins pendant plusieurs jours, fut trouv� par la police, qui fit ouvrir sa porte, afin de savoir ce qu'il �tait devenu. On le trouva dans un �tat voisin de la mort. Coiff� d'un bonnet de papier � moiti� br�l�, s'appuyant sur une table couverte de poussi�re, il semblait contempler quelques pi�ces d'or qui s'y trouvaient �parses. La justice, dans l'int�r�t de cet homme, qui s'�tait depuis longtemps �loign� de sa famille, fit rassembler tout l'argent qui se trouvait cach� �� et l� dans la maison, fit d�poser le tout au greffe, puis envoya le pauvre abandonn� � l'hospice, o� il mourut peu apr�s.
� Une premi�re �vocation fut faite quelques jours apr�s sa mort ; il vint et d�clara qu'il n'�tait point mort, mais qu'il voulait l'argent qu'on lui avait pris. Plusieurs mois s'�coul�rent, et l'on fit de nouveau, dans le m�me groupe, le 25 septembre 1863, une seconde �vocation avec l'aide d'un m�dium �crivain et d'un m�dium voyant en �tat de somnambulisme. Ce dernier d�crivit la physionomie et le costume de l'Esprit �voqu�, qui lui �tait inconnu de son vivant, causa avec lui ou transmit les r�ponses qui lui �taient pos�es par son interm�diaire. De son c�t�, et en m�me temps, le m�dium �crivain obtenait, sous l'impulsion de l'Esprit la communication suivante mise en regard, pour faciliter l'intelligence de la simultan�it�, de celle provenant de la somnambule.
M�dium �crivain : M. Guimberteau

�VOCATION D.

- Que me veut-on donc encore ?
Je vous prie de me laisser partir : cela commence � m'ennuyer. Vous feriez mieux de me rendre l'argent qu'on m'a vol�. Croyez-vous que ce n'est pas ab�linable (abominable); moi qui ai travaill� toute ma vie pour me ramasser un petit boursicaut honn�te. Eh bien ! messieurs, on m'a tout pris : on m'a ruin�, je suis sur le pav�, je suis sur la paille. Je ne sais pas o� reposer ma t�te. Oh ! ayez donc la bont� de me faire rendre tout cela. Je vous serai reconnaissant si vous pouvez r�ussir � me faire donner satisfaction.
M�dium voyant Mme B : Je vois un vieux qui �crit l�. Il est bien vilain, qu'il est vilain! Il n'a pas seulement de dents dans la bouche. Il a des l�vres �normes, pendantes. Il a un bonnet de coton sale, une blouse est un v�tement blanc, sale aussi. Est-il vilain, mon Dieu !
L��vocateur fait observer � 1�esprit que rien n�a pu lui manquer depuis qu'il a quitt� la terre.
R. - Vous me dites que rien ne m'a manqu� ; vous avez du toupet. Et mon argent, CE N'EST DONC RIEN ?
D. - O� �tes-vous ?
R. - Vous le voyez bien, je suis aupr�s de vous
D. - Mais pourquoi chercher toujours votre tr�sor terrestre, vous devriez songer plut�t � en conqu�rir un au ciel.
R. - Oh ! pour le coup VOUS devriez me dire O� il est, celui que je dois trouver vous �tes un mauvais farceur, entendez-vous ?
D. - VOUS ne connaissez donc pas Dieu ?
R. - Je n'ai pas cet honneur. Je veux mon argent.
D. - �tes-vous donc forc� de venir ?
R.- Vous pouvez le croire, et si l'on ne me for�ait pas � �tre l�, expos� � vos regards, il y a longtemps que je serais parti.
D. - Vous vous ennuyez donc avec nous ?
R. - Beaucoup (Le crayon frappe sur la table avec une telle pr�cipitation et une telle violence qu il se casse).
D. - Est-ce lui qui fait �crire M. Guimberteau ?
R. - Oui, il est � c�t� de lui, il est comme quelqu'un qui est lapid�. C'est un vieux tigre, cela !
D. - Est-il donc forc� de venir ?
R. - il y a quelqu'un qui le pousse.
D. - Pourquoi ne s'en va-t-il pas ? Puisqu'il s'ennuie avec nous ?
R. - Vous l'avez appel� - Cela peut lui servir � conna�tre sa situation.
� Dans la suite de la s�ance, le sujet endormi d�crit d'autres Esprits, puis il voit un pr�tre qui vient se manifester. En m�me temps le m�dium �crivain recevait une communication de l'abb� C.... connu de quelques personnes. Cet abb� fait �crire: �Voyons, je vais vous faire �crire quelques lignes paisiblement, pour que votre m�dium voyant ait bien le temps de m'examiner en tous sens. Il faudra bien que l'on me reconnaisse � force de d�tails donn�s sur ma personne. Cela vous mettra � m�me de croire que les Esprits que vous �voquez viennent bien � votre appel �.
Ici, on le voit, l'action du d�sincarn� est manifeste ; il s'ing�nie, s'efforce de bien marquer sa personnalit�. Sa tentative est couronn�e de succ�s ; les assistants reconnaissent un eccl�siastique de la ville, r�cemment d�c�d�, et M. B... dit � un interrogateur : � Oui, j'ai vu cet homme autrefois, c'est un cur� ; il est gros, rouge ; je ne sais pas son nom, il a peu de cheveux qui sont blancs �.
La vue somnambulique confirme l'authenticit� de l'agent qui fait �crire le m�dium, et d�montre le peu de valeur de la th�orie qui pr�tend que les communications �manent toujours de l'inconscient de l'�crivain.
Le r�cit suivant permet de constater que le m�dium voyant est tout � fait incapable de tromper, et que si la v�rit� sort de la bouche de l'innocence, ce proverbe est applicable ici.

VISION D'UN ENFANT

Le compte rendu suivant a �t� fait le 20 octobre 1863, � la Soci�t� des �tudes spirites de Turin, par M. le professeur Morgari [7].
L'auteur rapporte que, se trouvant au mois d'octobre � Fossano, il fit la connaissance du professeur P.... homme tr�s instruit, qui avait un chagrin profond de la mort de sa jeune femme, le laissant veuf avec trois petits enfants. Pour chercher � calmer sa douleur, M. Morgari lui parla du spiritisme :
Il miser suole darfacile credenza quel che vuole[8] .
Il fut donc d�cid� que l'on tenterait d'obtenir une communication de la ch�re d�funte. M. Morgari, avec deux compagnons d'�tudes, se mit � la table, en compagnie du professeur P.... et sa s�ur. Ils obtinrent le nom d'un de leurs parents, un certain fr�re Augustin. Apr�s quoi, survint un autre Esprit, celui de leur p�re Louis qui outre son nom, indiqua exactement l'�ge qu'il avait au moment de sa mort. Il n'est pas inutile de faire observer que ces noms �taient absolument inconnus de M. Morgari et de sa s�ur, nouveaux venus � Fossano.
C�dons maintenant la parole � l'auteur de ce r�cit :
� Si l'exp�rience s'�tait arr�t�e l�, je ne vous en parlerais point, la chose �tant tr�s commune parmi nous ; mais c'est ici que commence le merveilleux.
� L'esprit de l'�pouse d�funte, qui �tait venu adresser de touchantes paroles � son mari, manifeste le d�sir d'aller voir ses enfants qui dorment dans des chambres attenantes, et soudain la table se meut avec une telle vitesse que jamais je n'en ai vu de pareille, glissant et tournant si vivement qu'� peine deux ou trois parmi nous, l'effleurant par intervalles avec l'extr�mit� de nos doigts, pouvions courir apr�s. Elle entre ensuite dans la chambre voisine, o� la petite fille, �g�e de trois ans, dormait profond�ment dans son berceau : s'approchant de ce berceau comme si elle �tait dou�e de vie et de sentiment, elle se soul�ve et se penche, suspendue, vers la petite fille qui, dormant toujours, en tendant ses petites mains vers la table, s'�crie avec cette tranquille surprise qui nous s�duit tant dans le jeune �ge : Maman ! Oh ! Maman ! Le p�re et la tante, �mus jusqu'aux larmes, lui demandent si elle voit r�ellement sa m�re : Oui, je la vois, comme elle est belle ! Oh ! Comme elle est belle! et lui ayant demand� o� elle la voyait : Dans une grande clart�, r�pondit-elle ; je la vois en Paradis. Dans ce moment, nous v�mes l'enfant faire un cercle avec ses deux bras, comme si elle e�t voulu entourer le cou de sa m�re, et, chose tr�s surprenante, entre les bras et la figure de l'enfant, il y avait juste l'espace n�cessaire pour recevoir la t�te de la m�re. Pendant cela, la fillette remuait doucement les l�vres comme si elle e�t voulu donner des baisers, jusqu'� ce que la table retomb�t � terre, et ce petit ange demeura alors les mains jointes avec un sourire inexprimable.
� Voil� la v�rit� pure, simple et loyale, dont je me porte garant, tant en mon nom qu'en celui de mes compagnons, pr�ts au besoin � confirmer ce r�cit par leurs signatures, comme je le fais moi-m�me. �
Ce t�moignage d'un enfant de trois ans, reconnaissant sa m�re, ne saurait �tre suspect�, m�me par les plus sceptiques.
On ne saurait y voir non plus aucune suggestion, puisque l'enfant dormait et que le p�re et la tante s'occupaient pour la premi�re fois de spiritisme. C'est bien une confirmation de cette croyance que la m�re avait surv�cu dans l'espace et qu'elle continuait � prodiguer son amour � son mari et � ses enfants.
Voici d'autres exemples qui appuient encore ceux que nous venons de citer.

EXP�RIENCES DE M. LE PROFESSEUR ROSSI-PAGNONI ET DU Dr MORONI

Il a paru, en 1889, un volume tr�s s�rieux [9] relatant les exp�riences spirites de ces Messieurs, poursuivies � Pezaro (Italie), avec un tr�s grand souci de l'observation scientifique. Au milieu de beaucoup de ph�nom�nes int�ressants, nous allons rapporter les cas suivants, qui rentrent compl�tement dans notre sujet.
Le Dr Moroni se servait d'une femme nomm�e Isabelle Cazetti, excellent sujet hypnotique, pour contr�ler les Esprits qui venaient se manifester par la table. � maintes reprises, il lui fut possible de constater que les indications fournies par la somnambule �taient contraires aux croyances des assistants ; elle d�crivait un Esprit qui n'�tait nullement celui que l'on �voquait, et la table �pelait effectivement un nom tout autre que celui de l'Esprit qu'on avait appel�. En voici un exemple :
Deux de mes amis se mirent � la table typtologique, plac�e � quelques m�tres de l'hypnotis�e, pour �voquer l'esprit d'une de leurs amies appel�e Livia, �vocation d�j� obtenue par le m�me moyen. Pendant ce temps, l'hypnotis�e faisait des signes sp�ciaux � sa facult�, d�s qu'elle voit un Esprit.
Moroni, moi et les autres assistants, qui �tions rest�s voyait ; elle r�pondit : � Une dame, parente de la plus petite des personnes assises � la table � Nous craignions qu'elle ne f�t dans l'erreur, car, nous le savions, ils �voquaient une amie et point une parente ; la table tout � coup frappa : � Je suis ta tante Lucie, je viens parce que je t'aime �.
� En effet, l'assistant le plus petit de taille, avait parmi ses morts une tante de ce nom, � laquelle il ne pensait pas, et dont l'autre assistant n'avait pas connaissance. Ensuite le m�dium murmura � l'oreille de Moroni qu'un jeune homme, dont le nom commen�ait par un R. �tait � la table ; en effet la table frappa R., la premi�re lettre du nom du jeune ami, qui nous salua. Apr�s, nous entend�mes dans la biblioth�que un grand bruit, et le m�dium nous dit en souriant que cet Esprit avait voulu nous donner le signe de son d�part. �
Nous appelons tout particuli�rement l'attention du lecteur sur ces exp�riences, car elles prouvent �videmment que ce sont bien des Esprits qui se manifestent, et non des entit�s quelconques. On ne peut faire intervenir ici aucune de ces pr�tendues explications qui ont pour base la transmission de la pens�e de l��vocateur au m�dium - puisque celui-ci annonce � l'avance un nom auquel les assistants ne songent pas - non plus qu'un �tre hybride forme de toutes les pens�es des assistants pas davantage d'ailleurs qu�il ne faut y voir des �l�mentals, des �l�mentaires et des influences d�moniaques.
C'est l'�me des Morts qui affirme sa survivance par des actions m�caniques sur la mati�re. Leur forme n'est pas quelconque, elle reproduit celle du corps terrestre pendant l'incarnation. L'intelligence est rest�e lucide et vivace, elle se r�v�le avec route son activit� apr�s la mort. Nous sommes en pr�sence du m�me �tre qui vivait jadis ici-bas ; il n'a fait que changer d'�tat physique, mais rien n'a �t� perdu de sa personnalit� pass�e.
Comme on ne saurait trop insister sur ces faits, nous allons en rapporter encore quelques-uns. Voici le r�cit d'une autre s�ance :
� Deux de nos amis s'assirent � la table de typtologie en �voquant Lucie ; la premi�re lettre frapp�e leur fit croire qu'ils r�ussissaient, mais le m�dium murmura � l'oreille de Moroni (qui en prit note sur un morceau de papier, le plia sans rien dire et le d�posa sur une table), qu'au lieu de Lucie, c'�tait l�Esprit de Livie qui frappait le mot merci ; cela s'effectua comme il l'avait annonc�, et ce mot, r�ellement, fut trouv� �crit.
� Le m�dium invita Moroni � prendre la place de l'un de ces messieurs � la table de typtologie : il ob�it, et une autre personne se pla�a � c�t� du m�dium, lui demandant ce qu'il voyait. il lui r�pondit de mani�re � n'�tre pas entendu : C'est la s�ur � du docteur � ; en effet, la table frappa Assunta, nom d'une s�ur d�c�d�e qui l'invita � rester � la table. Le m�dium murmura � l�oreille de l'ami qui �tait aupr�s de lui que le p�re de Moroni voulait se communiquer ; la table frappa ces mots : � je suis ton p�re et je puis appeler heureux le moment o� je me trouve avec toi. �
Voici un autre r�cit o� l'�vidence n'est pas moindre que dans les derniers cas cit�s :
Apr�s des essais de typtologie, le m�dium d�clara que le p�re d'un M.L d�sirait lui parler.
� Nous f�mes lever la table M. L... et l'engage�mes � essayer d'�crire sur une autre table, parce qu'un Esprit voulait se communiquer par lui, et nous l'entour�mes pour l'aider dans cette premi�re exp�rience. D'eux d'entre nous s'approch�rent du m�dium, lui demand�rent combien d'Esprits il voyait en ce moment autour de nous. il r�pondit qu'il en voyait trois ; le premier d�j� indiqu� et deux dames ; l'une �tait la tante de celui qui l'interrogeait : ce dernier qui avait sur lui une photographie de cette tante, la m�la avec plusieurs autres photographies de dames que nous p�mes r�unir ; le paquet fut plac� dans la main du m�dium, celui-ci, sans les regarder, ne pouvant pas m�me le faire � cause de la demi obscurit� qui r�gnait dans ce coin de la chambre, et ne pouvant pas �tre, comme on dit, suggestionn� par celui qui l'interrogeait, puisqu'il ne voyait pas les photographies et ne savait pas dans quel ordre le hasard les avait dispos�es, le m�dium dis-je, �carta une � une les photographies �trang�res et lui remit celle de sa parente. Le m�dium donna � M. L... des d�tails intimes sur ses affaires de famille. Ce monsieur, �tant �tranger, ne r�sidait que depuis peu de temps dans votre ville ; son p�re �tait mort il y avait une vingtaine d'ann�es �.
Pour terminer les trop courtes citations de cet important travail, voici Comment le Dr Moroni fut amen� � �tudier les ph�nom�nes spirites :
� L'un des premiers faits qui le firent commencer � croire lui jusqu'alors simple magn�tiseur, que toutes les images que la somnambule disait voir n'�taient pas des hallucinations, fut le suivant : Un soir, Cazzeti (le m�dium), ayant �t� endormie magn�tiquement, s'�cria tout � coup en secouant un bras : Ah ! Moroni lui demandant : Qu'y a-t-il ? Elle r�pondit : - C'est Isidore qui m'a pinc�e - C'�tait le fr�re de Moroni, mort depuis quelques ann�es - Le m�decin d�couvrit le bras et y trouva, en effet, une empreinte semblable � celle que fait la pression de deux doigts ; jusqu'ici, rien d'�trange : cela pouvait �tre l'effet d'une autosuggestion de la dame elle-m�me. - Alors Moroni lui dit : S'il est vrai que mon fr�re soit ici pr�sent, qu'il m'en donne quelque preuve. Le sujet r�pondit en souriant : Regardez l�. (Il montrait avec le doigt le mur bien loin de lui). - Le m�decin regarda et vit un portemanteau, lequel, au moyen d'un clou, �tait suspendu � ce mur, s'agiter fortement � droite et � gauche, comme s'il �tait tir� par une main invisible. �
Ici, Ce t�moignage du m�dium est confirm�, appuy� par une manifestation mat�rielle. Nous avons pu constater par les exemples pr�c�dents que ce n'est pas � une ext�riorisation du m�dium que les ph�nom�nes sont dus, puisque l'�tre qui se manifeste r�v�le des choses ignor�es de ce m�dium.
On ne peut davantage �voquer la transmission de la pens�e :
1�- Parce que les mouvements de la table se produisent sans que le sujet y touche ; ces mouvements, annonc�s au pr�alable, indiquent un nom auquel les assistants ne songent pas.
2� - Parce que la transmission de la pens�e ne pouvait se faire entre l'hypnotiseur et son sujet, comme le relate le Dr Moroni[10] , qui n'a pu lui faire prononcer le nom de Trapani auquel il songeait fortement. � plus forte raison ne peut-on concevoir comment le m�dium lirait dans la pens�e des assistants, qui sont pour lui tout � fait �trangers, le rapport magn�tique n'ayant pas �t� �tabli entre eux et le sujet.
� Au mois de novembre dernier, un illustre �tranger assista � quelques s�ances de notre cercle, et, apr�s quelques exp�riences m�dianimiques, il en d�sira d'autres de clairvoyance terrestre. Cette demande me d�plaisait parce que ces exp�riences n'entraient plus dans le champ de nos �tudes ; j'avais cette crainte naturelle que, sur ce sujet, notre m�dium f�t inf�rieur � cent autres, pendant que je le crois sup�rieur � mille autres en fait de m�diumnit�.
� Cependant, parce que je voyais le Dr Moroni y consentir volontiers, je me tus, me mettant � l'�cart sans prendre part � l'exp�rience, que je ne croyais pas heureuse.
� L'�tranger pr�senta un �tui dans lequel il avait enferm� un billet avec quelques mots �crits, et demanda que la somnambule essay�t de les lire ; on perdit une heure dans cette tentative et sans le moindre r�sultat.
� Ensuite il essaya une �preuve de transmission de pens�e ; il �crivit � l'�cart sur un morceau de papier le mot Trapani, et apr�s l'avoir montr� � l'hypnotiseur, il demanda que celui-ci, par suggestion mentale, le transmit au sujet. Cet essai dura presque une autre heure, et en voyant que, de cette fa�on, on perdait le temps que bien plus utilement on pouvait faire employer � l'h�te qui allait partir, je proposai l'abandon de l'exp�rience. La somnambule s'ent�tait, mais elle ne peut parvenir � deviner le mot, et fut contrainte par la fatigue � cesser.
Devant de pareils ph�nom�nes l�incr�dulit� doit d�sarmer si toutefois elle est sinc�re. Mais il est des individus que l'orgueil subjugue � un tel point qu'ils rougiraient d'avouer une erreur. Tant pis pour ces retardataires ; il reste encore assez de chercheurs sans parti pris pour que nous ayons � c�ur de leur faire part de nos d�couvertes.
Il suffit d'ailleurs de poursuivre ces �tudes avec le ferme d�sir de s'instruire, pour �tre certain d'arriver � se faire une conviction raisonn�e, bas�e sur des faits personnels. Les exemples abondent. Nous croyons bon de mettre sous les yeux du lecteur un cas r�cent, pour bien montrer que les manifestations ont lieu dans tous les milieux. Le tout est de savoir et de vouloir les susciter.

TYPTOLOGIE ET VOYANCE[11]

Cher Monsieur, � mon retour de Caen, je suis all� passer quelques jours chez mon fr�re � Meurchin, petit village du Pas-de-Calais. Comme ma famille me sait tr�s amateur de spiritisme, comme aussi elle me voit heureux d'en pratiquer les maximes, on n'a pas manqu� de me poser mille questions sur ce sujet ; et moi d'y r�pondre de mani�re � faire na�tre chez ceux qui m'�coutaient l'envie de soulever un coin du voile qui nous cache les splendeurs d'outre-tombe.
C'est � la suite de ces conversations que mon fr�re organisa une r�union � laquelle il invita ses amis, de braves campagnards, qui ne se firent pas prier pour y assister. Il y avait une quinzaine de personnes, toutes choisies parmi les gens r�put�s s�rieux du village. En attendant l'heure fix�e pour l'�vocation, on cause un peu. Chacun raconte les faits plus ou moins �tranges dont il a �t� t�moin dans le cours de sa vie, et qui me permettent d'en d�duire, en passant, cette conclusion que les manifestations spirites sont beaucoup plus fr�quentes qu'on ne se l'imagine.
� huit heure, je lis quelques passages du Livre des Esprits, puis, appelant � nous les bons Esprits, j'adresse au Tout-Puissant une courte invocation que l'auditoire �coute dans un profond recueillement.
Trois personnes ont les mains pos�es sur une petite table. Celle-ci se meut au bout de dix minutes.
D. - Est-ce un Esprit ? Frappez un coup pour oui et deux coups pour non.
R. - Oui.
D. - Voulez-vous nous dire votre nom ? Je vais prononcer les lettres de l'alphabet : vous voudrez bien frapper au moment o� j'en serai � la lettre que vous d�sirez me faire inscrire.
R. � Marie-Joseph.
� C'est ma m�re, s'�crie un des assistants, M. Sauvage. D'ailleurs, je viens de voir son spectre devant moi, mais il n'a fait que passer et a disparu aussit�t �.
D. - �tes-vous bien la m�re de M. Sauvage ?
R. - Oui.
D. - Puisque votre fils vous a aper�ue, pourriez-vous vous montrer � lui plus visiblement si je diminuais l'�clat de la lumi�re ?
R. - Oui.
La lampe est baiss�e. Il reste encore suffisamment de lumi�re pour que nous puissions voir ce qui se passe. Sauvage nous d�clare, apr�s quelques minutes d'attente, qu'il voit tr�s distinctement sa m�re, d�c�d�e le 24 mai 1877.
D. - Pouvez-vous, demandai-je � l'Esprit, vous faire entendre de votre fils ?
R. - Elle me fait des signes avec le doigt, dit M. Sauvage. Je ne sais ce qu'elle veut dire... Ah ! Voici sa voix ; je l'entends tr�s bien.
R. - Heureuse ; elle dit qu'elle est heureuse.
D. (A l'esprit). - Vous n'avez donc pas besoin que l'on prie pour vous ?
R. - Si, cela fait toujours plaisir, je suis fatigu�e, bonsoir, je reviendrai une autre fois.
Aussit�t apr�s cette vision, la table se remet en mouvement ; elle fait des soubresauts tellement violents que nous en sommes effray�s.
La lumi�re r�tablie, nous prions en faveur de cet Esprit, et nous demandons � Dieu et � nos guides invisibles de nous continuer leur appui, pour qu'il se produise d'autres visions.
Un autre Esprit s'annonce par la table. D'apr�s son dire c'est l'Esprit de la premi�re femme de M. Gr�goire, pr�sent � la s�ance.
D. - L'Esprit pourrait-il se montrer � M. Sauvage ?
R. - Oui.
Apr�s un moment d'attente, le m�dium nous dit qu'il voit une femme ayant une coiffe blanche et un mouchoir par-dessus : � C'est la coiffure qu'elle portait en Belgique pendant sa maladie �, d�clare M. Gr�goire.
D. - Avez-vous quelque chose � dire � votre mari ?
R. - Non.
La pr�sence de la seconde Mme Gr�goire g�ne visiblement l'Esprit.
D. - Connaissez-vous Sidonie Descatoire, ma m�re, demandai-je � l'Esprit ?
R. - Oui, elle est ici pr�s de vous.
D. - Pourriez-vous la prier de se montrer au m�dium ? Je serais bien heureux de causer avec elle.
R. - L'Esprit s'�loigne, dit M. Sauvage, je ne le vois plus... Ah ! Voici une vieille dame.
D. - Comment est-elle ?
R. - Elle est tr�s forte de corpulence. La figure est ronde, les pommettes saillantes et rouges, les yeux bruns, les cheveux ch�tains grisonnants. Elle rit en vous regardant.
D. - C'est bien cela. Ne remarquez-vous aucun signe sur la figure ?
R. - Oui, un sorte de grain de beaut� ici, dit-il en montrant sa tempe droite.
(Ma m�re avait une petite tache noire sur la tempe gauche mais comme elle avait la face tourn�e vers le m�dium, celui-ci voyait cette tache du c�t� droit.)
D. - C'est absolument exact. C'est bien ma m�re ! M'�criai-je tout �mu. Ch�re m�re, �tes-vous heureuse ?
R. - Oui, tr�s heureuse, dit M. Sauvage, qui entend la voix de ma m�re et r�p�te ce qu'elle dit.
D. - Etes-vous quelquefois pr�s de moi ?
R. - Presque toujours.
D. - Voyez-vous mon fr�re Edmond, qui est ici pr�sent ?
R. - Votre m�re se tourne du c�t� de M. Edmond, dit le m�dium ; elle lui sourit ; elle para�t heureuse de cette entrevue.
D. - Avez-vous �t� longtemps avant de recouvrer votre lucidit� apr�s l'instant de votre d�sincarnation ?
R. - Deux jours.
D. - Voyez-vous quelquefois Emilie (ma femme d�c�d�e) ?
R. - Oui, mais elle n'est pas ici, elle est plus loin.
D. - Puis-je esp�rer qu'elle viendra aussi se communiquer ?
R. - Oui, plus tard.
D. - Et p�re ?
R. - Il est ici.
� Je vois une autre figure derri�re votre m�re, dit le m�dium, mais je ne distingue pas tr�s bien. C'est une figure grosse et allong�e... Le voici � c�t� de votre m�re ; il est fort de corpulence ; ce sont deux bons vieux, bien assortis �
Un entretien intime s'�tablit entre mes parents et moi. Nous sommes mon fr�re et moi, �mus jusqu'aux larmes. Nous ne doutions pas de leur pr�sence. M. Sauvage ne connaissait pas, ne pouvait pas conna�tre nos chers d�funts qui habitaient dans le Nord. En outre, la s�ance a �t� improvis�e et ex�cut�e dans la m�me soir�e, et le m�dium qui ignorait un instant auparavant la facult� dont il est dou�, n'avait pu en aucune fa�on pr�voir quelles seraient les personnes �voqu�es, ni la nature des questions qui allaient �tre pos�es. Les expressions employ�es par mes parents, certaines phrases qui leur �taient habituelles, tout cela �tait pour nous autant de preuves d'identit�. D'ailleurs d'autres Esprits sont encore venus qui ont r�v�l� des choses connues seulement d'eux et de l'une des personnes pr�sentes. Ainsi, un mari est venu rappeler � sa femme des paroles qu'il lui avait confi�es au moment de sa mort, et qui sont d�clar�es exactes par l'int�ress�e.
Les Esprits nous ont annonc� de nouveaux ph�nom�nes entre autres un apport, qu'ils esp�rent pouvoir produire ult�rieurement.
Cette touchante manifestation fut termin�e par d'unanimes remerciements adress�s � notre P�re c�leste qui, dans une premi�re r�union, nous donnait une si grande preuve de sa bont�, et chacun se promit de pratiquer la philosophie spirite.
L'effet produit sur les assistants a �t� consid�rable. On sentait qu'une r�volution se produisait au dedans de chaque �tre. Des hommes qui, jusque-l�, n'avaient aucune foi dans l'avenir d'outre-tombe, �taient pris de remords, et ils faisaient tout haut des r�flexions qui les eussent fait rougir une heure avant, s'accusant de n'avoir pas plus t�t employ� leur temps pour le bien-�tre de l'humanit�. Que sera-ce quand tout le monde s'occupera de ce genre d'�tudes, et lorsque toutes les facult�s m�dianimiques, actuellement latentes, seront mises en oeuvre ?
Louis DELATRE. t�l�graphiste. Meurchin, le 10 octobre 1896. La plupart des assistants ont tenu � signer ce r�cit comme �tant l'expression de la v�rit� :

SAUVAGE, M. AVRANSART, LOHEZ Etienne. SAUVAGE, RIGOL�, H. AVRANSART, E. DELATTRE, T. HUGO, Mme GR�GOIRE, Ernest GR�GOIRE, C. SAUVAGE, C. HOCA.

UN BEAU CAS D'IDENTIT�

Il est telle manifestation qui, pour n'avoir pas imm�diatement un caract�re physique, mat�riel, n'en est pas moins convaincante pour celui qui la constate. Le cas suivant [12] est fort instructif � cet �gard.
M. A. Delanne se trouvait � Cimiez, � c�t� de Nice ; l� il rencontre M. Fleurot[13] professeur, et sa femme, dont il avait fait la connaissance dans un voyage pr�c�dent. La conversation s'engage sur le spiritisme et voici ce que lui raconta Mme Fleurot.
- Peu de temps apr�s votre passage dans notre ville, mon mari et moi, encore sous l'impression des r�cits que vous nous f�tes au sujet des manifestations spirites dont vous f�tes t�moin, nous achet�mes les livres d'Allan Kardec. Je br�lais du d�sir de devenir m�dium, mais ma conviction fut �tablie en dehors des proc�d�s habituels de la table ou de l'�criture. Il y a environ six mois, je vois en r�ve diff�rents personnages de qualit� ; ils discutaient sur des questions d'une haute port�e philosophique. Je m'approche toute craintive et bien �mue. Je m'adresse � celui qui me semblait le plus sympathique.
- Voulez-vous, lui dis-je, m'�clairer sur un sujet important dont la solution m'est inconnue ; que devient l'�me apr�s la mort ?
Lui, souriant avec bont�, me dit : � L'�me est immortelle, elle ne peut s'an�antir jamais ; la tienne est en ce moment dans l'espace, affranchie momentan�ment des entraves de la mati�re ; elle jouit par anticipation de sa libert�. Il en sera toujours ainsi, quand tu quitteras d�finitivement ton corps charnel pour vivre de notre propre vie spirituelle. �
J'ai peine � vous croire, lui dis-je, car, si vous �tiez des habitants de l'erraticit�, vous n'auriez plus le type humain et vous ne seriez plus couverts de v�tements semblables � ceux des hommes.
il me r�pondit :
- Si nous nous �tions pr�sent�s � toi sous une forme enti�rement spiritualis�e, tu ne nous aurais pas aper�us et encore moins reconnus.
- Vous reconna�tre, dites-vous ? Mais rien ne me rappelle vos traits, et je n'ai nul souvenir de vous avoir jamais vus.
- En es-tu bien s�re ?
Alors, chose merveilleuse, la personne qui me r�pondait fut subitement �clair�e par un intense rayon fluidique, et un nom se forma en perles �lectriques au-dessus de sa t�te, et je lus, tout �blouie et charm�e, le nom v�n�r� de Blaise Pascal.
Sa figure est tellement grav�e en moi que, de ma vie, elle ne s'effacera de ma m�moire. Et, comme je n'avais vu nulle part l�image de l'illustre savant, je m'empressai � mon r�veil, accompagn�e de mon mari que j'avais mis au courant de mon singulier r�ve, de courir chez les marchands d'estampes. Nous all�mes chez Visconti, le plus renomm� des libraires de Nice, pour acheter le portrait de Blaise Pascal : il nous montra plusieurs gravures du grand homme, mais aucune ne repr�sentait enti�rement les traits de mon inconnu. C'�taient bien sa noble figure, ses grands yeux, son nez aquilin, sa t�te surmont�e d'une superbe perruque ondul�e ; mais je ne trouvais nulle par la petite difformit� de la l�vre inf�rieure qui avait particuli�rement attir� mon attention pendant la vision. La l�vre �tait retrouss�e, sensiblement comme si ce d�faut avait �t� produit � la suite d'un accident quelconque, pendant sa jeunesse.
Le libraire exp�riment� nous affirma qu'il avait souvent eu des gravures de la physionomie de Pascal et vu de ses portraits peints � l'huile ou � l'aquarelle ; mais aucun ne reproduisait la d�fectuosit� que je signalais avec persistance.
En retournant � la maison, je vis r�appara�tre le petit sourire sceptique de M. Fleurot ; j'enrageais, moi qui me r�jouissais de lui faire partager ma conviction, en lui apportant une preuve de l'identit� du personnage vu dans mon r�ve.
Bien des fois je revis mon protecteur pendant le sommeil ; il me promit de veiller sur moi pendant ma captivit� terrestre, et que plus tard il m'expliquerait les causes de son affection pour ma famille. J'osai m�me lui parler de la petite difformit� de sa l�vre, et je lui demandai si elle avait �t� reproduite pendant sa vie sur un de ses portraits.
- Oui, me r�pondit-il, dans les premiers tirages qui furent faits peu de temps apr�s ma mort.
- En existe-t-il encore ? Dites-le moi, je vous en conjure ?
- Cherche, et tu trouveras ! ...
Mme Fleurot raconte que, profitant des grandes vacances de son mari, ils fouill�rent toutes les boutiques de Marseille et de Lyon sans rencontrer le portrait r�v�lateur. Ils allaient abandonner leurs recherches, lorsque M. Fleurot eut l'inspiration d'aller � Clermont-Ferrand. Leur pers�v�rance fut enfin couronn�e de succ�s : ils trouv�rent chez un antiquaire le v�ritable portrait de leur illustre ami, avec la r�elle d�formation de la l�vre inf�rieure, telle que Mme Fleurot l'avait vue dans son r�ve.
Cette relation est instructive � plus d'un titre. En premier lieu, elle �tablit l'identit� de l'Esprit, puisque aucun des portraits qui �taient dans la ville de Nice ne portait le signe caract�ristique qui se trouvait sur l'original, dans le pays de l'auteur des Provinciales. Secondement, une phrase de l'Esprit est � remarquer ; c'est celle que nous avons soulign�e intentionnellement : si nous nous �tions pr�sent�s � toi sous une forme enti�rement spiritualis�e, tu ne nous aurais pas vus et encore moins reconnus.
On constate ici que le p�risprit est d'autant plus subtil et �th�ris� que l'�me est plus �pur�e. Allan Kardec dit, en effet, que les Esprits avanc�s sont invisibles pour ceux dont l'�tat moral leur est tr�s inf�rieur ; mais cette �l�vation n'emp�che pas l'Esprit de reprendre l'aspect qu'il avait sur la terre, et il peut le reproduire avec une fid�lit� parfaite, jusque dans ses plus petits d�tails. La forme ancienne est contenue dans le p�risprit ; il suffit � l'�me d'exercer sa volont� pour redonner � cette apparence une existence momentan�e. De m�me que rien ne se perd dans le domaine intellectuel, de m�me rien n'a pu dispara�tre de ce qui a constitu� la forme plastique, le type d'un Esprit. Voici encore un exemple de ce remarquable ph�nom�ne.

LE PORTRAIT DE VIRGILE

Mme Lucie Grange, directrice du journal la Lumi�re, excellent m�dium voyant � l'�tat normal, put voir assez distinctement le c�l�bre po�te Virgile pour en publier le portrait dans le num�ro du 25 septembre 1884 de sa revue. Voici le texte exact de cette description :
VIRGILE - Couronn� de lauriers. Il a la figure forte, un peu allong�e, le nez saillant avec bosse sur la c�te ; les yeux gris bleu fonc�, les cheveux ch�tain fonc�. Il est v�tu d'une longue robe. Virgile a toutes les apparences d'un homme fort et bien portant. Il m'a dit, en se pr�sentant, ce vers latin qui le rappelle :

Tu Marcellus eris.

On trouva ce portrait fantastique ; l'Esprit fut trait� de suspect, car, disait-on au m�dium, le doux Virgile devait avoir tr�s probablement les traits fins, vu que le po�te �tait tr�s f�minin, � plus femme qu'une femme �.
Que r�pondre � ces discours ? Rien. Mais voici qu'une d�couverte inattendue est venue donner raison � Mme Grange.
En faisant des travaux de voirie � Sousse, on a retrouv� r�cemment une fresque du 1er si�cle o� le po�te est repr�sent� en train de composer l'En�ide. Ce qui le d�signe, c'est que, sur le rouleau ouvert, on lit le huiti�me vers : Musa mihi causas memora. La Revue Encyclop�dique de Larousse a reproduit ce portrait authentique. On peut constater que la description faite par le m�dium s'applique parfaitement au grand homme, qui n'a nullement l�air eff�min�.
Cette observation confirme la pr�c�dente en �tablissant par l'observation, que le p�risprit contient toutes les formes qu'il a pu repr�senter ici-bas.

UNE APPARITION

Dans le cas suivant, il est impossible d'attribuer l'apparition � une id�e pr�con�ue, car l'Esprit qui s'est manifest� �tait compl�tement inconnu de la dame qui l'a vu. Ce n'est que par suite de circonstances diverses qu'on a pu savoir qui il �tait, et v�rifier son identit�. Nous allons laisser la parole � l'auteur de cette narration [14] :

Eeich, le 1er juin 1862,

MONSIEUR,
Ma femme ne croyait nullement aux Esprits, et moi je ne me pr�occupais pas de cette question. Elle disait parfois :
� Je crains les vivants, mais je ne redoute en aucune fa�on les morts. Si je savais qu'il y e�t des Esprits, je souhaiterais d'en voir, car ils ne pourraient me faire de mal et je puiserais dans cette apparition la confirmation du dogme chr�tien qui assure que tout ne s'�teint pas avec nous. �
Nous vivions � la campagne ; notre chambre est situ�e au nord, et depuis que nous l'occupions il s'y �tait souvent produit des bruits singuliers, que nous nous efforcions d'attribuer � des causes naturelles. Une nuit du mois de f�vrier de l'ann�e derni�re, Mme Mahon fut r�veill�e par un attouchement tr�s sensible aux pieds, comme si, dit-elle, on lui e�t appliqu� deux petites tapes. Elle me dit aussit�t :
� Il y a quelqu'un ici ! � Puis, comme elle �tait tourn�e du c�t� gauche, elle entrevit dans un angle obscur de la chambre quelque chose d'informe qui se mouvait, ce qui lui fit r�p�ter : � Je t'assure qu'il y a quelqu'un. �
Je couchais alors dans un lit plac� pr�s du sien, je lui r�pondis : � C'est impossible. Tout est bien ferm� et je puis t'affirmer qu'il n'y a personne parce que, depuis dix minutes, je ne dors point et je sais qu'il r�gne un profond silence. Tu te trompes. �
Cependant, comme elle se tournait du c�t� oppos�, elle vit distinctement, entre le lit et la fen�tre, un homme grand, mince, v�tu d'une sorte de justaucorps � raie et tenant la main droite lev�e, comme un signe de menace. Il se d�tachait dans une demi obscurit�. En pr�sence de cette apparition, elle �prouva un certain saisissement, supposant toujours qu'un voleur s'�tait introduit dans la maison, et elle me r�p�ta pour la troisi�me fois : � Si, si, il y a quelqu'un ici ! � En m�me temps, et sans perdre de vue un seul instant l'apparition qui conservait son immobilit�, elle se mit en devoir d'allumer la bougie.
Je dois le dire, j'avais une telle conviction que ma femme se trouvait sous l'empire d'une illusion, suite de quelque r�ve ; j'�tais si bien persuad� que nulle personne �trang�re ne pouvait avoir p�n�tr� dans l'appartement, o� d'ailleurs mon chien de garde avait fait sa ronde accoutum�e, apr�s le repas des domestiques ; le silence �tait si profond depuis mon r�veil que, berc� par ma pens�e, je ne songeai m�me pas � ouvrir les yeux. Si ma femme m'e�t dit : � Je vois quelqu'un �, c'e�t �t� diff�rent, j'eusse imm�diatement regard� ; mais il n'en fut rien. Il fallait probablement que les choses se passassent ainsi.
Quoi qu'il en soit, tout le temps qu'elle mit � allumer la bougie, l'apparition fut pr�sente devant elle. Avec la lumi�re, elle s'�vanouit. Je me levai au r�cit d�taill� qui me fut fait. Je visitai tout. Rien. Je regardai ma montre, il �tait quatre heures.
Depuis lors, divers faits �tranges se sont produits dans l'appartement : bruits inexplicables, lumi�res vues du dehors par moi aux fen�tres du premier �tage lorsque tout le monde �tait en bas ; disparitions soudaines de pi�ces de monnaie entre mes mains m�mes ; coups frapp�s, etc., etc. Mais l'apparition ne se renouvela plus. Il est vrai de dire que nous avions conserv� une lampe de nuit.
Derni�rement, �tant � Paris, Mme Mahon demanda � la lucide de M. Cahagnet si elle pouvait lui faire conna�tre quel �tait l'Esprit qui s'�tait manifest� � elle. Voici la r�ponse qui lui fut faite:
� Je le vois... C'est un homme qui porte une robe de juge avec de grandes manches �. Ma femme objecta qu'il ne s'�tait point montr� ainsi devant ses yeux, � quoi la lucide r�pliqua: � Il importe peu. Je vous dis que c'est lui que je vois. Il a pris le costume qui lui convenait. Il �tait juge de son vivant, tr�s processif par nature. Au moment de sa mort, cet homme avait la raison troubl�e par un proc�s injuste qu'il �tait sur le point de perdre. Il s'est alors suicid� aux environs de votre maison. Il est errant. Vous avez parfois dit que vous vouliez voir un Esprit..., il est venu. �
Cette explication ne satisfit que m�diocrement Mme Mahon pour qui tous ces d�tails �taient nouveaux. Peu de jours apr�s son retour � Luxembourg, �tant un soir chez des Personnes auxquelles elle racontait la r�ponse de la lucide, tout le monde s'�cria : � Mais c'est M. N ... qui s'est noy� dans l'�tang tout aupr�s, il y a plusieurs ann�es. Il �tait juge .... d'un caract�re morose. Il �tait sur le point de perdre un proc�s contre l'une de ses neveux ... � s'agissait de rendre des comptes de tutelle ... la t�te s'est perdue... il s'est suicid�. �
Exactement ce qu'avait dit la lucide.
Je ne vous cache point que l'impression fut profonde sur tous les assistants ... Je ne dois pas omettre de vous dire que Mme Mahon ignorait, ainsi que moi, cette histoire du sieur N .... et par cons�quent la lucide n'a pu lire dans son esprit les d�tails si pr�cis qu'elle a donn�s.
Je vous livre un fait et je vous autorise � le publier en ce qui touche son exactitude, je l'affirme sous la garantie de ma parole.

EUG�NE MAHON, Vice-Consul de France.

QUELQUES R�FLEXIONS

Ainsi donc, nous voici arriv�s peu � peu � constater que ce corps fluidique, entrevu comme une n�cessit� logique dans l'antiquit�, est une r�alit� positive affirm�e.
Par les apparitions, aussi bien que par la vue des somnambules et des m�diums. Ces �tres qui vivent dans l'espace c'est-�-dire autour de nous, ont une forme parfaitement d�termin�e qui permet de les d�crire avec exactitude. Le doute concernant ce point n'est plus permis aujourd'hui, car les t�moignages provenant d'exp�rimentateurs s�rieux sont trop nombreux pour que la n�gation pure et simple soit admise dans une discussion sinc�re.
Il reste � nous demander si cette enveloppe se constitue apr�s la mort ou bien, ce qui est plus probable, si elle est toujours attach�e � l'�me. Si cette derni�re supposition est exacte, il doit �tre possible d'en constater l'existence pendant la vie. C'est ce que nous allons faire imm�diatement en appelant � notre secours, non plus des magn�tiseurs ou des spirites, mais des investigateurs tout � fait �trangers � nos �tudes, des savants impartiaux dont les constatations auront d'autant plus de prix, qu�elles ne se rattachent � aucune th�orie philosophique.

[1] Voir à ce sujet : le rapport du Dr Husson, 28 Juin 1831, à l'Académie des Sciences. - Deleuze, Mémoire sur la clairvoyance des somnambules. - Rostan, article Magnétisme dans le Dictionnaire des Sciences médicales. - Lafontaine, l'Art de magnétiser. - Charpignon, Physiologie, Médecine et Métaphysique du Mantétisme. Et les cas cités dans les Proceedings de la Société Anglaise de Recherches psychiques. - Gabriel Delanne, Le Spiritisme devant la Science , chap. III. - Voir également, les Apparitions matérialisées des vivants et des morts, t. 1 et II.

[2] Allan Kardec, Revue spirite, octobre 1864, octobre 1865, juin 1867. Voir aussi, dans Genèse, le chapitre des fluides.

[3] Le mot fluide ne désigne pas une matière particulière ; il signifie un mouvement ondulatoire de l'éther, analogue à ceux qui donnent naissance à l'électricité, la lumière, la chaleur, les rayons X, etc.

[4] Allan Kardec, Revue spirite, juin 1867, p. 173 et 174.

[5] Revue spirite , année 1861, p 148 et suivantes

[6] Le Sauveur des Peuples (directeur, M. Lefraise, avocat). N°6 février 1864

[7] Annali dello Spiritismo in Italia

[8] Le malheureux croit toujours facilement ce qu'il désire.

[9] Rossi-Pagnoni et Dr Moroni. Quelques essais de médiumnité hypnotique, traduction française de Mme Francesca Vigné Voir p. 10 et suiv. et p. 102.

[10] Médiumnité hypnotique, page 113.

[11] Revue scientifique et morale du Spiritisme, première année n°6 p. 365

[12] A. Delanne, Revue scientifique et morale du Spiritisme, n°11, mai 1897, p. 678 et suivantes.

[13] Ce nom est un pseudonyme

[14] Pierrart, Revue Spiritualiste, 1862, p. 180.

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